Disparition du temps pour soi

Les mères qui se sacrifient pour le bien de leurs enfants ont tout faux. «Certaines mères sont les esclaves de leur enfant, elles font une confusion entre les besoins et les envies de ce dernier, précise France Frascarolo. On a tous besoin d'un certain ressourcement, car on ne peut pas faire que s'occuper de l'enfant. Tout donner est une utopie, on doit montrer ses limites.» La mère doit savoir dire à son bambin qu'elle souhaite lire le journal, ou passer le relais au père pour aller à son cours de danse africaine. Du coup, elle donne à sa progéniture le meilleur exemple qui soit: un modèle de personne autonome qui sait ce qu'elle veut, où elle va, et connaît ses propres besoins. Encore un conseil valable pour tous les parents.



 
Le règne de l'imprévu  
«Il y a des jours où ils me rendent folle. Je me demande pourquoi je fais ça pour eux», avoue Fabienne. Avec deux petites bombes d'énergie pure qui commencent la journée en disant «nan!» et qui la finissent par le même mot, on se retrouve vite au bord de la crise de nerfs. Bobos, maladies, petites et grosses bêtises, chicanes, disputes ou drames familiaux, la mère au foyer est sans cesse au cœur de l'action et doit réagir à de nouvelles donnes. La psychologue relève que maternité et adaptation ne font qu'un: «Les premières semaines de la vie du bébé, la mère doit être attentive à 100% puis se retirer ensuite peu à peu. L'adaptation est permanente et ne suit pas ses propres impulsions. Etre au foyer en particulier demande un bon équilibre affectif et psychologique.»  
 
De l'argent à soi  
Dépendre financièrement d'autrui ne coule pas de source. «La dernière fois que je me suis acheté pour 200 francs de fringues rien que pour moi, je n'en ai rien dit à mon mari, confesse Katrin. Je sais qu'il n'y voit pas d'inconvénient. Mais je n'arrive pas à être au clair lorsque je dépense de l'argent que je n'ai pas gagné moi-même.» C'est plus simple pour Fabienne, qui a toujours fait compte commun avec son conjoint et qui ne voit pas de différence entre l'argent de chacun et l'argent du ménage. Mais les époux qui surveillent les cordons de la bourse ne sont pas toujours généreux. On entend çà et là des femmes demander de l'argent de poche à leur conjoint, un geste infantilisant qui ne serait pas forcément en train de disparaître… Sans compter qu'être au foyer présente aussi un risque pour son avenir matériel, puisque ce travail non rémunéré interdit l'accès au deuxième pilier.  
 
Savoir confier ses petits  
«Il faut voir la tête de ma belle-mère quand je lui annonce que nous partons en couple pour un week-end à Paris! Elle trouve cela totalement déplacé», rigole Barbara. Idéalement, les grands-parents habitent à côté, sont retraités et ravis de balader leurs petits-enfants. Dépourvues de ces relais familiaux, certaines mères au foyer placent leur enfant à la garderie une ou deux demi-journées par semaine pour le socialiser. Et en profitent pour décompresser. Mais les garderies sont rares à la campagne. Sandra, qui vit dans le Nord vaudois, vient de renoncer à son mi-temps dans une galerie: les trajets en voiture pour mener ses enfants et les rechercher chez leurs grands-parents avant et après le travail l'épuisaient, et ce qu'elle gagnait n'en valait pas la peine.  

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